Le chocolat rose

« Barry Callebaut a la même ambition pour le chocolat rose que pour le chocolat blanc »

Pour Pablo Perversi, Chief Innovation Officer du groupe Barry Callebaut, le potentiel du chocolat rose est énorme. L’usine belge de Wieze, la plus grande fabrique de chocolat au monde, bénéficie à plein de son succès.

Un an après le lancement du nouveau chocolat de couleur naturellement rose baptisé Ruby, le groupe Barry Callebaut lève un coin du voile sur la manière dont il a été accueilli sur les marchés. Au salon du chocolat ISM (Allemagne), pas moins de onze marques clientes avait annoncé de nouveaux produits à base de Ruby.

Le point sur ce nouveau marché avec Pablo Perversi, le directeur de l’innovation, développement durable et qualité du premier fabricant mondial de chocolat.

La production du chocolat rose Ruby à Wieze a-t-elle un impact sur l’emploi dans l’usine belge du groupe?
Comme c’est la plus grande usine de chocolat au monde, nous avons l’habitude de travailler avec de gros volumes. En 2019, le chocolat Ruby sera disponible en quantités industrielles, ce qui signifie que nous allons augmenter les volumes. Nous pensons qu’il est possible que le Ruby devienne aussi important que le chocolat blanc.

Mais en chiffres, qu’est-ce que cela représente pour l’usine belge?

Au cours des deux dernières années, Barry Callebaut a investi environ 170 millions d’euros dans ses usines de production dans la région EMEA (Europe, Moyen Orient et Asie). Wieze étant la plus grosse usine de chocolat au monde, une partie non négligeable de cette somme a été investie en Belgique. Fin 2017, nous avons également annoncé une augmentation de notre capacité de production de 20% en Belgique, avec comme principale raison le succès du chocolat belge. Cette augmentation de production a évidemment eu un impact sur le chocolat Ruby, qui a donc pu en bénéficier.

Quels résultats a donnés le Ruby en termes de ventes, de revenus et de volumes pour le groupe à l’issue de sa première année?

En un an, nous avons introduit le Ruby sur les cinq continents. Nous sommes aujourd’hui dans plus de 40 marchés, dont le Japon, la Chine, l’Inde, l’Australie, le Royaume-Uni, la Suisse, la France, l’Allemagne, l’Afrique du Sud et le Moyen Orient. Nous sommes en train d’intensifier les livraisons de Ruby dans le monde.

Quels marchés ont montré le plus grand intérêt pour le nouveau chocolat ?

Tous les marchés ont montré un même intérêt et accueilli le Ruby comme la plus importante innovation en 80 ans. Le Japon en tant que marché pionnier pour les nouvelles saveurs a montré beaucoup d’intérêt. Le Royaume-Uni aussi. On y a vu des marques iconiques comme Fortnum & Mason lancer le Ruby dans des lieux comme Harrod’s, et Prestat proposer ses variantes du Ruby très rapidement après qu’il fut devenu disponible. La Belgique et la Suisse se sont également distinguées. Et quand nous l’avons lancé avec ITC Fabelle en Inde, cela a suscité beaucoup d’enthousiasme aussi.

Comment évolue le Ruby sur le marché belge? Combien de partenariats y a noués Barry Callebaut? Avec qui?

Nous sommes satisfaits des développements actuels. Un des derniers lancements du Ruby a été réalisé par Leonidas: le chocolatier a introduit fin 2018 une version Ruby de sa fameuse praline Manon. Les marques belges Libeert et Limar avait proposé d’autres variantes du Ruby durant le salon professionnel du chocolat ISM. Libeert va lancer Riby IIII, qui sera à la portée des consommateurs dans les rayons des grands supermarchés (Carrefour, Makro, Spar, Alvo et Delhaize). Callebaut, notre marque gastronomique, noue aussi des partenariats avec différents artisans chocolatiers en Belgique. Et le KitKat Ruby (Nestlé) est bien sûr disponible depuis près d’un an dans votre pays.

Qui a été le premier à l’introduire en Belgique?

Callebaut, qui a lancé le Ruby RB1 pour le marché gourmet. Lorsque le chef Marijn Coertjes l’a étrenné dans sa chocolaterie à Gand, de longues queues se sont formées et le produit a rapidement été épuisé.

Collaborez-vous différemment avec les maîtres chocolatiers? Et avec les chefs coqs? Développez-vous des variations de Ruby spécifiques pour ces clientèles?

En effet. Notre marque gastronomique Callebaut a introduit le Ruby RB1, qui a été mis au point par et pour des artisans chefs et chocolatiers. La recette est idéale pour les artisans qui travaillent le chocolat dans tous les segments, depuis les tablettes et les pralines jusqu’aux biscuits et pâtisseries. Des chefs réputés, tel Sergio Herman, ont commencé à travailler avec le Ruby et se montrent très inspirés par les nouvelles opportunités d’association qu’il offre.

Combien de partenariats prévoyez-vous de signer cette année? Et en particulier en Belgique?

Des marques iconiques de chocolat comme Leonidas et Baci Perugina ont lancé des variations du Ruby récemment. Et durant le salon ISM, onze marques avait présenté de nouvelles expériences. Nous projetons de faire du Ruby quelque chose d’aussi grand que le chocolat blanc, c’est dire si notre ambition est grande. On va voir davantage de lancements, mais nous ne pouvons pas partager ces informations à l’avance: c’est aux marques de fixer leur calendrier et d’effectuer leurs lancements quand elles sont prêtes.

Qu’attendez-vous du déploiement de Ruby cette année?

Nous sommes ravis de voir ce qui s’est passé sur une aussi courte période. Il faut savoir que cela prend en général six à huit mois avant qu’un produit de marque de consommation soit prêt à être vendu. On a déjà vu tellement de lancements, et il y en a beaucoup d’autres qui vont suivre. Si l’on doit en croire les prévisions des experts, ceci n’est que le début. Le Ruby a été reconnu comme la tendance « food » de 2019 par des agences de recherche, des experts du secteur alimentaire, des médias, du commerce et des affaires. Il a également décroché des « awards » pour son caractère innovant aux Etats-Unis et au Moyen Orient.

Source: L’Echo