Une immersion dans les métiers de la nuit

Certains métiers sont en première ligne en ce moment : le personnel soignant dans son ensemble, bien sûr, mais aussi tous ceux qui travaillent dans la chaîne alimentaire. Ces métiers sont souvent cruciaux.

Boulanger

Pour le boulanger, le travail de la nuit commence entre 21.30 et 22.00 en semaine, et le week-end, à partir de 19.30, parce qu’il faut faire les préparations en pâtisserie, pour avoir un stock prêt pour toute la semaine.

« Ce qui est le plus dur dans ce métier, ce sont les horaires. Puis, c’est la reconnaissance par la population du travail accompli. La plupart en est bien consciente, mais certains clients ne se rendent pas compte de la difficulté de ce métier, ils croient qu’on a tout, tout le temps : de la tarte aux fraises du 1er janvier au 31 décembre, des baguettes sorties du four à toute heure du jour. Mais il faut quantifier et s’en tenir là. Le monde de la grande distribution a masqué les réalités du métier. »

Toutefois, il estime que les grandes surfaces, qui proposent du pain à toute heure, avec de la pâte qui vient souvent des pays de l’Est, ne lui font pas vraiment de tort. « Les boulangers font autre chose, d’une autre qualité, ils essaient toujours de repousser les limites, donc cela ne me fait pas peur. »

Et la vie sociale ? Le boulanger dort entre 5 heures et 5 heures trente par jour, en fin de journée, avant de commencer le travail, qui n’arrête pas jusqu’à 13.30 – 14.00. La vie de famille est forcément mise de côté, même si le travail se fait au domicile.

« La vie sociale est limitée, on n’a pas beaucoup de temps à consacrer aux amis, on ne les voit pas souvent, donc on les compte sur les doigts d’une main. On a notre entourage proche et 2, 3 personnes qu’on connaissait, qui sont restés des amis fidèles et viennent à la boulangerie pour nous voir. »

Il y a encore quelques jeunes qui veulent faire ce métier, mais pour cela, il faut être passionné, sinon il ne faudra pas longtemps avant que cela craque, dit-il.

Pour Thomas, son fils, boulanger comme lui, le plaisir de ce métier réside dans le fait de voir les gens satisfaits d’avoir de bons produits et dans le fait de pouvoir travailler de ses mains.

« Je sais utiliser mes mains et je pense les utiliser correctement. Le plaisir de toucher la pâte, des pâtes différentes, plus douces, un peu plus sèches, c’est vraiment agréable. »

Cela ne le dérange pas de travailler la nuit. « J’ai commencé il y a dix ans avec mon papa, je ne sortais pas les week-ends, ma copine sortait sans moi, avec ses copines. On est confiant l’un sur l’autre, donc il n’y a pas de souci à ce niveau-là. C’est un peu en décalé mais ce n’est pas plus mal. »

C’est un métier où on ne sait pas ne pas passer la nuit, ajoute-t-il. Commencer au-delà de 3 heures du matin, pour avoir quelque chose en magasin à partir de 7 heures, ce n’est pas possible.

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Source: RTBF

Photo: Pixabay