Une boulangerie ferme tous les 4 jours chez nous!

En cause, la concurrence des grandes surfaces, la préférence des consommateurs pour les céréales… ou encore 11 % des Belges qui font leur pain eux-mêmes

Les chiffres publiés par le SPF Économie ne sont pas très positifs… mais si dans la profession on tente de ne pas se décourager. Alors qu’on ne comptait « que » 51 faillites de boulangeries il y a 10 ans, on en compte 87 en 2019. Le président de la fédération francophone des boulangers confirme : « En Wallonie et à Bruxelles, on compte 1.350 boulangeries aujourd’hui pour plus de 2.000 en 1996 », nous dit Albert Denoncin.
Des études qui cartonnent

Explications

Le président voit plusieurs explications. Dont la concurrence des grandes surfaces qui proposent toujours plus de variétés de pains : « Il y a aussi un changement d’attitude de certains consommateurs. Pour une question de facilité aussi, on déjeune avec des céréales plutôt que du pain. En outre, on sait qu’aujourd’hui, 11 % des Belges fabriquent leur pain eux-mêmes ».

Une profession d’avenir

Mais Albert Denoncin, fervent défenseur de la profession, y croit encore : « Il faut voir le succès des études et formations en boulangerie, ça cartonne ». Mais si les cours plaisent, sur le terrain, c’est beaucoup plus complexe. Des horaires compliqués le week-end et la nuit, du travail les jours de fête . « Parce que nous travaillons des produits vivants. Si un menuisier dit à son client vous aurez votre porte demain sans faute, le boulanger ne peut pas dire à son client, pour votre gâteau d’anniversaire, repassez demain ! ».

Les boulangeries dans les villages

Les boulangeries semblent encore bien marcher dans les villages : « Le vrai amateur de pain ne regardera pas s’il paye quelques centimes de plus, il sait que nous travaillons des céréales nobles et que son pain n’a pas parcouru parfois des centaines de kilomètres avant de se retrouver dans un rayon ». Et il note aussi le succès des autres produits : les variétés de baguettes, de petits pains, de viennoiseries…

La passion

Un métier appelé à disparaître ? « Certainement pas, on y croit encore. Il y a de la place pour des gens qui prônent la qualité, pour les artisans », réplique M. Denoncin. « Récemment, nous avons organisé un concours uniquement axé sur les jeunes. Le succès a été énorme. Ils ont encore une réelle volonté d’apprendre et de surprendre ». Et pour Albert Denoncin, c’est aussi ça la clé du succès, « la passion doit prendre le dessus sur le côté contraignant du métier ».

Source: Sudinfo