Puratos ouvre la boulangerie au commerce digital

Cette société plutôt discrète se retrouve sur la table de la grande majorité des ménages belges. Puratos, une entreprise familiale qui fêtera son centenaire l’an prochain, est en effet l’un des principaux fournisseurs mondiaux d’ingrédients pour les boulangeries, les pâtisseries et les chocolateries.

Présent dans 70 pays, le groupe basé à Grand-Bigard, à la lisière de la région bruxelloise, entend améliorer son offre en aidant les boulangers-pâtissiers à mieux connaître leurs clients.

Pour cela, rien de tel qu’une petite touche technologique, qu’il a trouvée auprès de Bakkersonline (ou Bakeronline, un patronyme répondant mieux à ses ambitions internationales). Cette start-up gantoise, créée en 2013 et avec laquelle il a noué une entreprise conjointe, propose aux artisans boulangers un site internet personnalisé.

Le client d’aujourd’hui est en majorité un internaute compulsif, qui passe de plus en plus par internet pour faire ses achats, y compris de denrées alimentaires. Le site « clé en main » proposé par Bakeronline offre un double avantage: le client peut commander son pain ou une petite gourmandise depuis son fauteuil, et le boulanger peut plus facilement planifier sa production et mieux gérer ses stocks, et donc limiter le gaspillage. Tout en dopant ses ventes: alors qu’un client dépense en moyenne 5,50 euros en boulangerie, les achats en ligne réalisés via Bakeronline rapportent 21 euros.

« Les artisans n’investissent pas dans l’internet parce qu’ils estiment qu’il ne s’adresse qu’aux grands acteurs. Nous leur proposons un outil qui permet d’abaisser le seuil d’accès au web », explique Maxim Sergeant, CEO fondateur de Bakeronline.

Envergure mondiale

Pour la start-up flamande, l’envergure mondiale de Puratos ouvre des perspectives incommensurables« Avant la conclusion de la joint-venture, fin octobre, nous avions environ 350 clients. Depuis lors, nous sommes passés au-delà des 400. Nous avons notamment signé nos dix premiers contrats en France », souligne Maxim Sergeant.

L’impact sur l’emploi est déjà tangible. Depuis la conclusion de la coentreprise, les effectifs sont passés de 10 à 15 personnes – des informaticiens et des consultants en e-commerce.

La joint-venture permet à Puratos d’ajouter une corde supplémentaire à son arc. « La mission de Puratos, c’est d’aider ses clients, qu’ils soient boulangers, pâtissiers ou chocolatiers, à réussir. Pour cela, ils doivent bien connaître leurs clients, qui souhaitent de plus en plus disposer d’outils qui leur facilitent la vie », dit Daniel Malcorps, le CEO de Puratos.

Le groupe familial entend apporter son grain de sel à cette offre technologique. « Nous réfléchissons par exemple à la possibilité d’offrir au consommateur le moyen d’inventer lui-même son pain », précise Daniel Malcorps.

Puratos
  • Création: 1919
  • Chiffre d’affaires 2017: 1,85 milliard d’euros
  • Emploi: 8.780 personnes (1.298 en Belgique)
  • Sites belges: Grand-Bigard, Erembodegem, Lummen, Andenne, St-Vith
  • 99 filiales dans 70 pays
 

Les études de Puratos auprès des consommateurs tendent à indiquer que le pain dont ils rêvent est celui qu’ils peuvent composer eux-mêmes. « Nous avons saisi la balle au bond et développé, au travers de différents algorithmes, un système qui permet au consommateur de composer son pain sur son téléphone ou sur son ordinateur, d’envoyer sa demande au boulanger. Un algorithme compose la recette et le client reçoit un SMS quand le pain est prêt. »

Sur un plan général, la consommation de pain par tête d’habitant tend à diminuer, en raison notamment d’une plus grande diversité d’aliments. Mais on note par contre une forte croissance de la consommation de pains spéciaux, de tradition, notamment les pains au levain. Du pain bénit, si l’on peut dire, pour Puratos, leader mondial des levains.

Si Puratos a privilégié le scénario d’une entreprise conjointe, c’est pour maintenir Bakeronline dans une entité distincte. « Le business model et la vitesse de travail sont différents. On peut aller beaucoup plus vite dans le domaine informatique que dans l’alimentaire, soumis à de nombreux contrôles qui ralentissent les processus. Et nous ne voulons pas freiner le développement de Bakeronline, parce que dans le domaine technologique la vitesse et la réactivité sont essentielles », souligne Daniel Malcorps.

Source: L’echo