Philippe Thirion rachète Thirion Ressaix pour 600.000 euros

C’est la fin d’une saga et d’une chronique d’une faillite annoncée des boulangeries Thirion à Ressaix. Un lourd combat du personnel qui avait débrayé le 14 mai dernier en raison d’une gestion désastreuse. Ce mardi, le tribunal s’est prononcé favorablement sur une convention et une offre de rachat des boulangeries Thirion par Philippe Thirion, le patriarche de la famille éponyme qui a créé cette entreprise et l’avait revendue en 2017 à deux Brabançons. L’entreprise Thirion est reprise dans sa globalité avec une majorité de personnel.

Avant même que la juge du tribunal de l’Industrie ne prononce son jugement, les employés des boulangeries Thirion, venus en nombre soutenir leur ancien patron qu’ils plébiscitaient pour une reprise, ont applaudi chaleureusement Philippe Thirion qui dirigera avec sa fille Céline et ses beaux-fils Julien et Sébastien la nouvelle SRL Boulangerie Thirion, à l’exception du bâtiment pour lequel une nouvelle société serait créée. Les curateurs ont plaidé devant la juge du tribunal de l’Industrie en faveur de l’offre Thirion qui, d’après eux, a découragé par l’importance de la reprise du volet social, les deux autres offres des boulangeries industrielles la Lorraine (Ninove) et LCB Bakery Beck de Jurbise, qui ne s’intéressaient qu’à la distribution des 15 boulangeries Thirion encore actives.

600.000 euros sur la table


Concrètement, l’offre de rachat de Philippe Thirion se décline comme suit : 220.000 euros pour Thirion production et 37 personnes reprises. Pour Thirion distribution, y compris les véhicules, le matériel administratif, 370.000 euros sont mis sur la table avec 33 personnes reprises, y compris 20.000 euros par point de vente.

Enfin, Philippe Thirion propose 10.000 euros pour la reprise du nom Thirion qu’il avait revendu en 2017 également aux deux Brabançons. Reste l’immeuble en lui-même à Ressaix, sur lequel la banque Belfius, qui en a l’hypothèque, rechigne encore en raison de la différence entre le montant de l’hypothèque émise en 2017 et l’offre plus basse de Philippe Thirion, un montant qui pourrait évoluer et faire grossir les 220.000 euros posés sur la table pour ce volet. Finalement, un compromis d’attente a été trouvé entre Philippe Thirion et la SNG Immo auquel appartient l’immeuble pour une location durant trois mois. « La proposition de Philippe Thirion tient compte de la valeur vénale du bâtiment, mais il prend le risque de ne pas trouver un accord d’ici trois mois et de devoir mettre un prix plus élevé », a expliqué le curateur au tribunal.

70 travailleurs repris


Pour le volet social, l’offre porte la reprise d’une majorité du personnel, soit en tout 70 personnes sur 114. Ne sont pas reprises les nombreuses personnes qui n’étaient plus actives ces derniers temps dans l’entreprise (maladie de longue durée…). Seuls au final dix actifs côté distribution et 4 autres actifs côté production restent sur le carreau.

« La société a perdu pas mal de clients, il nous faut pouvoir remonter la pente », explique Philippe Thirion à la sortie du tribunal qui a convenu avec les curateurs dans son offre d’une reprise prioritaire du personnel partant en cas de nouvelle embauche dans les six mois à compétences égales et nécessaires. La partie adverse qui représente les deux administrateurs brabançons ne s’est pas opposée à cette convention, même si par la voix de leur avocat ils ont rappelé que « leur plan d’investissement qu’ils essayaient de monter depuis mars prévoyait pour leur part de garder 90 % du personnel. ». « Au moment de la vente en 2017 par Philippe Thirion, l’entreprise était saine et est aujourd’hui en faillite. Le nom de Thirion a été entaché par cette faillite et Thirion a répondu à l’appel de son ancien personnel qui lui demandait de revenir. Il a annoncé vouloir reprendre une majorité du personnel et a tenu parole », leur a rétorqué maître Grofils, l’avocat de Philippe Thirion. L’entreprise accuse en effet près de 1,4 million de dettes.

Bref, un dernier soubresaut de l’ancien patronat brabançon pour une affaire dont l’issue favorable était plus qu’attendue ce mardi. « J’en conviens, je rachète moins cher que je n’ai revendu l’entreprise il y a deux ans, mais la société est en piteux état et les bâtiments et véhicules mal entretenus », a coupé court Philippe Thirion qui tient à féliciter au passage le travail de son avocat. Tout en rajoutant : « Au moment de la vente en 2017, nous devions, avec les deux administrateurs qui avaient des références solides, former un trio, avec moi-même en consultance. Mais très vite, j’ai été écarté de l’entreprise qui a fini par se diriger vers la faillite ». Philippe Thirion reprend désormais les boulangeries Thirion en famille et les dirigera comme depuis toujours dans cet esprit familial. « Je reprends le travail dès aujourd’hui à Ressaixen tant que consultant avec ma fille et mes beaux-fils qui en seront administrateurs », rajoute, enthousiaste, Philippe Thirion. Une histoire familiale qui perdure avec un interlude désastreux de deux ans que les travailleurs devront oublier. « Ce fut un long combat depuis le 14 mai, au final la casse est limitée », nous confie Julien Oliva, délégué CSC, avant que la vingtaine de membres du personnel présent ne réapplaudisse Philippe Thirion une troisième fois dans les couloirs du tribunal.

Souce: Sudinfo

Photos: Google Thirion