Les secrets du chocolat dévoilés par Casanova à Seneffe

Dans le hall du château de Seneffe un curieux personnage en habits d’époque vous accueille avec chaleur et élégance, tandis que les effluves épicés du chocolat chaud vous chatouillent les narines. Plongée en plein Siècle des Lumières et place à une visite intime des appartements privés du maître des lieux, en compagnie de Casanova en personne.

À l’occasion des fêtes de fin d’année, le Domaine du Château de Seneffe organisait des visites thématiques durant six jours. Le point d’accroche, c’était le chocolat. On n’imagine pas l’engouement incroyable que ce délice a suscité au XVIIIe s. On en prenait au saut du lit. On le dégustait dans son bain. D’abord considéré comme un remède, une potion que les apothicaires allongeaient avec de l’eau, le cacao s’est progressivement transformé en véritable gourmandise.

Dans ses mémoires, Casanova en personne en parle longuement. Le Vénitien aux 144 conquêtes en consommait beaucoup, parfois jusqu’à dix tasses par jour, principalement dans le but d’exalter ses prouesses sexuelles. Car le chocolat était paré de 1001 vertus aphrodisiaques. On lui associait des épices, des piments et même, de l’encre de seiche. Proposer une tasse de chocolat à une dame équivalait à la convier à des plaisirs coquins…

Exactitude historique

Originaire de Chapelle, le comédien Christopher Kaisin incarne avec brio ce Casanova méconnu. Au fil de sa visite des appartements du château, il révèle avec exactitude les moeurs qui couraient au XVIIIe s, en restituant avec précision le contexte historique, les principes d’hygiène, les recettes culinaires… Bref, on s’amuse beaucoup à ses côtés tout en apprenant une foule de choses.

Rappelons que le château de Seneffe, construit au XVIIIe s. pour l’homme d’affaires Julien Depestre abrite aujourd’hui le Musée de l’Orfèvrerie de la Communauté française. « L’occasion de sortir nos plus belles chocolatières et couverts précieux pour mettre en scène les habitudes gustatives de l’époque », précise Marjolaine Hanssens, la directrice du domaine. « Nous avons voulu que cette visite sollicite tous les sens en y associant un décor sonore, un film, la découverte en vrai des épices et la dégustation finale. »

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