Commerces solidaires avec ceux qui ont fermé

Déchirant, l’appel lancé par cette vendeuse ambulante au bord de la faillite, à Péruwelz, depuis la fermeture des marchés. Elle expliquait, en vidéo, ses inquiétudes quant à son avenir, si elles ne pouvaient plus vendre ses volailles rôties. Un autre commerçant, touché par sa détresse, a décidé de lui faire une petite place dans son propre commerce.

Cet artisan, c’est Eric Gourdin, boulanger et pâtissier, qui n’est pas à son coup d’essai en matière de solidarité. « J’avoue que nous n’avons pas à nous plaindre », précise Eric Gourdin. « On travaille plutôt bien et surtout, on a la chance de rester ouverts… alors, c’est normal d’aider ceux qui ne sont pas dans ce cas ».

Ce vendredi, pour la première fois, il a proposé de vendre les volailles de Laetitia : « Je ne la connaissais pas. Je lui avais acheté un poulet peu de temps avant le début du confinement. Mais quand j’ai eu vent de sa situation, je lui ai proposé de passer par nous pour vendre ses poulets ».

Volailles sur commandes

En début de semaine, Eric Gourdin, via sa boutique Graines de Pain, lançait un appel aux clients qui souhaitaient acheter les fameuses volailles sur commandes avec possibilité de les récupérer chez lui, ce vendredi. « Laetitia comptait sur une trentaine de réservations. On en a enregistré 120… On a d’ailleurs dû stopper pour cette semaine, sinon ce n’était plus gérable ». L’artisan boulanger distribuera donc les volailles ce vendredi, dans son commerce, au prix coûtant : « Tout lui revient. Nous ne prenons pas de bénéfices, ce n’est vraiment pas du tout l’objectif », assure Eric Gourdin. « Si on peut éviter à des commerçants de faire faillite, on le fait c’est tout ! Cela permet aussi de maintenir le dynamisme de notre ville ».
Du muguet à la boulangerie

Chanceux

L’artisan boulanger a d’ailleurs adopté la même démarche avec un fleuriste : « Je lui ai proposé de vendre son muguet… Je trouve que c’est normal de s’entraider. Aujourd’hui, je fais partie des chanceux, mais un jour, c’est peut-être moi qui serai en difficulté ». Chaque vendredi durant le confinement, la boulangerie Graines de Pain vendra donc les poulets de Laetitia, sur commandes, de même que des jambonneaux. « Et par la suite, le vendredi, elle installera gratuitement son camion sur mon parking. Tout comme un maraîcher… et d’autres qui voudraient me solliciter ». D’ailleurs, la boulangerie a développé un petit secteur salé avec son ami Benoît Neusy, chef étoilé. « On a mis au point des recettes… et lui qui est à l’arrêt aussi, vend chez nous de délicieuses “confinades” (NDLR : tapenades) qui rencontrent un joli succès ».

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